Contre-champ - Exposition collective

Plusieurs artistes, peintres, sculpteurs et photographes dans un vaste espace nouvellement créé à Paris.

Totalement séduits par l'artiste Eurivaldo Bezerra pour ses photographies nocturnes de mer et de vagues où se confrontent les noirs et les blancs les plus purs.
Et fascinés par les séries de Rubén Martin de Lucas, co-fondateur de Boa Mistura, un collectif d'art urbain. C'est en solo qu'il s’interroge ici sur les relations entre humains et territoires. Pour démonter le caractère artificiel des frontières ou les ballets étranges auxquels il faut se livrer pour satisfaire la bureaucratie, il opte pour des mises en scène théâtrales au milieu de paysages désertiques. Et le résultat est puissant !

(AM et JBZ)
 

©Rubén Martin de Lucas                                             ©Eurivaldo Bazzera

Courtesy PigmentGallery

Galerie Pigment - 23 rue du Roi de Sicile - 75004 Paris
du 9 novembre au 4 décembre 2022

 


Boris Mikhaïlov - Journal Ukrainien

Depuis les années 1960 et jusqu’à aujourd’hui, ce photographe irrévérencieux, voire provocateur, rend compte de la vie quotidienne en Ukraine dans des séries aux démarches singulièrement différentes.

Grand coup de cœur pour les deux premières. D'abord une galerie de portraits que la colorisation détourne des standards des images de propagande et de l’esthétique du réalisme socialiste. Puis un jeu de superposition d’images, diapos ou négatifs argentiques, qui permet à l’artiste de contourner la censure tout en développant une vision tantôt crue, tantôt onirique de la vie sous le joug soviétique. Un superbe diaporama, monté sur le significatif « Dark Side of the Moon » des Pink Floyd, en propose un parcours totalement captivant.

Mais, dans la suite de l’exposition, une série nous met profondément mal à l'aise. En quoi afficher en grand format des SDF de Kharkiv, à moitié nus (slip baissé) donne-t-il à réfléchir sur leur condition ? Certes, nous savons, petits clichés à l'appui, que le photographe les a nourris, hébergés, qu'il a tenté de les aider mais comment, dans ces conditions, étaient-ils en mesure de refuser ? D'ailleurs pourquoi, alors qu'il y a plusieurs couples en scène, seules les femmes sont-elles ainsi exhibées ? Mikhaïlov voulait, dit-il «  dédier un requiem à ces condamnés » ; fallait-il pour autant les condamner à perpétuité ?

(AM et JBZ)

Maison Européenne de la Photographie - 5-7 rue de Fourcy 75004 Paris
du 7 septembre 2022 au 15 janvier 2023


Made in Chicago

Probablement moins connue de ce côté de l’Atlantique que celle de New-York, la photographie de rue à Chicago est riche de nombreux artistes qui ont su parler de cette ville en apportant un soin particulier aux ombres et lumières, au design et à la composition des images.

Cette exposition à la Galerie Rouge rassemble une douzaine d’artistes, tous formés à l’Institute of Design (ID), école mythique créée en 1944 par László Moholy-Nagy. On y retrouve des photographes renommés comme Harry Callahan ou Ray K.Metzker, mais aussi d’autres tout aussi talentueux comme Yasuhiro Ishimoto, Barbara Crane ou Kenneth Josephson ou encore, parmi les trois photographes contemporains, la surprenante Clarissa Bonet, dont l’usage des noirs dans des images couleur, semble directement hérité de celui de ses aînés dans des photos noir et blanc.

(Jean-Benoît Zimmermann)

Photographie Clarissa Bonet, Perpetual Shadow, 2015 ©Clarissa Bonet

Galerie Rouge 3 rue du PontnLouis-Philippe - 75004 Paris
du 27 octobre 2022 au 7 janvier 2023

Aka Zidane - Michaël Zumstein

Michaël Zumstein, photo reporter en Afrique et amoureux de football depuis toujours, découvre dans ses archives tous ces Ronaldo, Messi, Zidane et tant d’autres, arborant fièrement un maillot sur le dos... alors qu’ils sont plongés dans des contextes où la violence, la pauvreté, les expulsions et un environnement dégradé sont le lot quotidien. En leur donnant comme noms d’emprunt ceux de toutes ces stars du football mondial qu’ils admirent, le photographe bouscule notre regard et c’est très fort.

Un livre éponyme, publié chez Images Plurielles, accompagne l’expo.

(AM et JBZ)

Galerie Guigon 39 rue de Charenton - 75012 Paris

La mise en image du rebut - Réseau Sociétés Urbaines et Déchets

Géographe, sociologue, anthropologue..., tous chercheurs en sciences sociales, mais aussi photographes, ils ont parcouru le monde, de Ivry à Rabat, de Lomé à Mumbai, à la rencontre de toutes ces petites mains qui récupèrent, trient, recyclent les déchets, tout aussi bien locaux que provenant, par containers entiers, de pays lointains.
Bien plus que reportage, étude sociologique ou économique, cette exposition de photographies, souvent très belles, accompagnées de courts textes, raconte le quotidien de ces femmes, ces hommes, ces enfants qui tirent leurs maigres revenus de ces activités que le coût de main d'œuvre rendrait tout simplement inenvisageables chez nous...

(Jean-Benoît Zimmermann)

Hall de l'Ecole Supérieure d'Architecture
 
Possibilité de voir leur travail en ligne sur
http://la-mise-en-image-du-rebut.societes-urbaines-et-dechets.org/

Cadavre exquis, le silence - Café Photo Marseille

Le jeu du cadavre exquis, exercice littéraire des surréalistes, adapté à la photographie ! Une bien belle idée proposée par le collectif Café Photo.
Chacun des 60 photographes a reçu une image sans savoir où elle se situerait et en un temps très court (une semaine) a trouvé, créé, imaginé l'image qui ferait suite. C'est parfois le sujet, les couleurs, les lignes, ou juste un détail, un flou, une main qui dépasse... les possibilités sont infinies et c'est aussi un jeu de retrouver les ressemblances et les liens dans chacune des 5 suites exposées.
Et puis une projection sur un thème choisi en commun : le silence. Certaines propositions sont superbes, on aurait aimé les voir plus longuement. Des noms à la volée : F. Vedel, A. Nitimihardjo, G. Coulon, D. Carrara, JP Nogues, S. Leeloo, P. Houssin, E. Doehr, B. Obedia...

(Aline Memmi)

De gauche à droite, photographies de : Virginie Massi, Bruno Manuel et Sandrine Arons.
 
A Marseille 3013 - 52 rue de la République - Marseille
Du 15 au 30 oct 2022
www.cafephotomarseille.org

The timeless story of Moormerland - Elsa et Johanna

Elsa et Johanna sont d’incroyables transformistes. Les multiples personnages dans lesquels elles se coulent et se photographient en situation s’apparentent à une narration sociologique.

Après l’Amérique du Nord puis l'Espagne, les voilà qui nous parlent d’Allemagne. Elles investissent cette fois le studio de la MEP avec une scénographie inventive et joyeuse et y installent un authentique salon moquetté où traîne une paire de ballerines.

Trop fortes les filles !

(Aline Memmi et Jean-Benoît Zimmermann)

Maison Européenne de la Photographie
du 7 septembre au 6 novembre 2022

Tangibilis - Flore Gaulmier et Gaëlle Villedary

Flore Gaulmier aime partager. Depuis 3 ans, son projet Amorces nous fait découvrir de jeunes talents à Maupetit, côté galerie.

Ici elle a convié Gaëlle Villedary. Les deux artistes entremêlent leurs œuvres et nous offrent une trouée de nature joliment scénarisée. Un herbier tout en délicatesse, des fleurs de badiane immaculées, une motte de terre au bout d'un bras en guise d'autoportrait...

"Un battement d'ailes ou comment... se blottir dans les interstices", écrit Gaëlle Villedary.
C'est exactement ça. Courez-y !

(Aline Memmi)

Maupetit - Côté Galerie du 2 septembre au 8 octobre 2022

Rencontres d'Arles 2022 (suite)

 

A l'espace Van Gogh, du 4 juillet au 25 sept

Lee Miller, Photographe professionnelle (1932-1945)

Incroyable parcours de cette femme à l'enfance cabossée, top modèle puis photographe de mode, compagne de Man Ray et photographe surréaliste volontiers provocatrice, correspondante de guerre pour la revue Vogue puis traumatisée de la guerre et de l'horreur des camps et dont l’œuvre a été sauvée de l'oubli par son fils Anthony Penrose.
A ne rater sous aucun prétexte !!!

 

Aux ateliers de mécanique générale, du 4 juillet au 24 sept

Une avant-garde féministe

Un énorme travail de collecte et de présentation des œuvres photographiques, mais aussi de performances au cœur des luttes féministes et de genre des années 1970. Comment ces artistes ont été de véritables parties-prenantes de ces mouvements et comment les images qu'elles nous laissent constituent une formidable mémoire de ces années charnières.

 

ORLAN
Tentative pour sortir du cadre à visage découvert,
1966.

 

Église des Trinitaires, du 4 juillet au 28 août

Noémie Goudal, Phoenix

Des mises en scènes et en mouvement grandeur nature de la perspective d'un effondrement écologique des forêts tropicales menacées tant par la déforestation que par les flammes. Un geste artistique fort, un écho inquiétant au réchauffement climatique dans lequel nous sommes désormais embarqués...

 

Église des Frères Prêcheurs, du 4 juillet au 28 août

Prix découverte Louis Roderer 2022

Daniel Jack Lyons, Comme une rivière

Ce photographe formé à l'anthropologie sociale, s'est immergé au cœur de la forêt amazonienne à la rencontre d'une jeunesse « partagée entre espoirs et désillusions ». En résulte une série de portraits où la sérénité des poses, l’apaisement reflètent la complicité entre le photographe et ses modèles, avec lesquels il a construit ses images.

 

 

Galerie « Aux Docks d'Arles », 44 rue du Dr Fanton, du 3 au 21 août

Raul Cañibano, La soif de l'indicible

Les nombreux photographes qui ont parcouru Cuba ces dernières décennies nous en ont surtout rapporté une palette de couleurs. Raul Cañabo, photographe cubain, nous parle de son pays en noir et blanc. Loin des clichés, de la musique et de la langueur caribéenne, il nous montre la vie quotidienne des gens dans des compositions étonnantes et minutieusement construites, parfois osées et aux relents surréalistes. Certains jeux d'ombre sont des merveilles.

 

(Jean-Benoît Zimmermann)


Rencontres d'Arles 2022 (à suivre)

A l'espace Croisières, du 4 juillet au 25 sept

Klavdij Sluban, Sneg

Un hommage à la neige mais beaucoup plus que ça. Les lignes et les courbes, les cadrages, la lumière, les ombres portées, les noirs, les blancs, les effleurements comme dessinés au fusain... On reste ébloui devant certaines images et la qualité des tirages.
Et les artistes coréens Kim Bora, Yoon Dayoung et Kim Sol Daniel, qui répétaient juste au moment où on visitait l'expo, ont amplifié par leur musique la magie de ce moment.
 

 

Julien Gester, Cette fin du monde nous aura donné quand même de beaux couchers de soleil

Des photographies collées, cernées de scotch rouge, vert, noir, jaune, il fallait oser et c'est réussi ! Je n'ai pas compris le sens des diptyques, chaque image est à elle seule une véritable histoire.
 

 

Julien Lombardi, La terre où est née le soleil

Une terre au centre du Mexique où les Indiens Huichols célèbrent la naissance du soleil. Découpes, superposition et travail sur la lumière transforment le réel en un univers fantastique.
 
 

A l'Espace Van Gogh, du 4 juillet au 25 sept

Romain Urhausen, En son temps

Inspirées comme celles de Jean-Claude Gautrand par la "Subjektive Fotografie" théorisée par Otto Steiner , les images de Romain Urhausen explorent de façon formelle et/ou poétique le monde en devenir, des mines du nord à l'architecture industrielle, du monde du travail aux paysages urbains.
 
 
 

Galerie 8, du 4 au 10 juillet

Guillaume Amat, La profondeur des roches

Il se met en scène comme Gilbert Garcin et nous invite à découvrir des faux-semblants comme Christian Ramade. Mais avec, en toile de fond, de grandes questions existentielles. Un territoire asséché, un homme qui s'embourbe, des paysages factices... . Ne le cherchez pas sur internet, il faut découvrir ses photos en grand.
 
 
 

Et une découverte au 16 rue du Docteur Fanton

Léa Lund et Erik K.

Elle est photographe et lui sa muse. Elle est originaire de Suisse et lui du Congo. Des images oniriques, d'autres qui résonnent avec l'histoire. Ce couple d'artistes hors du commun casse les codes et ça fait du bien.
 
 
 

Mucem, Marseille, du 8 juillet au 9 oct

Mathieu Pernot, l'Atlas en mouvement

Lesbos, Calais, Mossoul, Alep... Devoir partir, prendre la mer, éprouver son corps, arriver quelque part, autour du feu ou sous les étoiles, des débris de vie. Ce sont autant de titres de Mathieu Pernot, photographe et commissaire d'expo. Et puis des cartes pour ne pas oublier les naufrages, des cahiers pour raconter son histoire, des bouts de film pour montrer la réalité crue. Et ce titre, l'Atlas en mouvement, vertigineuse réflexion.
 

 

(Aline Memmi)


Ray K. Metzker, sculpteur de lumière

Les Douches nous font découvrir un grand photographe américain trop peu connu de ce côté-ci de l'Atlantique. Grand maître du noir et blanc, il a principalement consacré pendant un demi-siècle sa maîtrise des jeux d'ombre et de lumière à l'exploration du théâtre de la rue et des paysages urbains.
La démarche expérimentale qu'il adopte parfois donne à ses images une touche surréaliste intrigante.
A voir (ou revoir) sans hésitation.

 

(JBZ)

Les Douches la Galerie
5 rue Legouvé, 75010 Paris
du 11 mai au 23 juillet 2022

In the mood - Alain Chevalier

Alain Chevalier a une façon très particulière de parcourir la ville. Ses images, prises souvent très près du sol rappellent celles du cinéaste japonais Ozu dans Le Voyage à Tokyo. Des ombres, des traces, un ticket de métro jeté prend toute la place, l'horizon est différent, celui que verrait un enfant ? Si près du sol ou tout près des gens.
Trois taches de couleurs au milieu de noirs si profonds, de la beauté à l'état brut.

(AM et JBZ)

Rétine-Argentique
 
Expo prolongée en Juillet

Lumière passion - Thomas Mailaender

Lorsque je découvre une expo, je m'intéresse autant à l’œuvre qu'à la scéno et à l'occupation de l'espace. J'aime découvrir comment les lieux sont habillés, déshabillés, appropriés... Avec Lumière passion de Thomas Mailaender c'est carrément un grand chambardement et c'est jouissif ! Artiste ? Artisan ? Détourneur d'images ? Allez voir !

(AM)

Centre photographique du 27 mai au 10 sept 2022

 


Arménie année zéro - Patrick Rollier

Arménie, année zéro, c’est avant tout la rencontre, quasi inopinée, d’un photographe avec un pays et ses habitants. Un coup de foudre qui sera à l’origine de nombreux voyages, de nombreuses rencontres et d’une fidélité toute sincère avec ces gens rencontrés. L’année zéro c’est celle du grand tremblement de terre, celui de 1988, peu avant l’effondrement du bloc soviétique et qui a profondément marqué les esprits avec ses souffrances et ses dizaines de milliers de morts. C’est en écho à cette douleur que le photographe a construit une très belle scénographie agençant des images pleines d’humanité et de nostalgie.

(Jean-Benoît Zimmermann)

Maupetit - Côté Galerie du 26 mai au 25 juin 2022

Ré∀lité(s)- Agnès Mellon et Chrystèle Bazin

Artistes associées : Flory Brisset et Maëlle Legeard

Un sujet fort : les altérations mentales.
Une exposition-installation-action qui nous ouvre les yeux et les oreilles sur le quotidien des malades et de leurs proches-aidants.
Des témoignages sonores, des corps fragmentés, des œuvres collaboratives, des photographies qui suggèrent... Et tout ça résonne forcément en chacun de nous : la société et ses normes, les différences, nos fragilités, l'attention à l'autre... La parole libérée est le début du désenclavement !
A la cabane Georgina, terrain d'exploration artistique et sociale, un lieu incroyable et formidablement utilisé. Une exposition qui se visite presque comme une exploration et qui mérite de prendre tout son temps.

(AM et JBZ)

Cabane Georgina, 2 chemin du Mauvais Pas, 13008 Marseille
du 5 au 31 mai 2022, Jeu 18-22h Ven-dim 12-20h et sur RV
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Cinq histoires de famille - Alexandra Bellamy, Sylvie Hugues, Catherine Poncin, Rimma Samman et Laure Vasconi

Qu'elles partent de photos anonymes, d'album familial ou de récit s intimes, ces cinq femmes photographes révèlent des histoires enfouies qui nous interrogent sur notre rapport à l'identité, aux origines, à la transmission. Certaines de ces histoires sont bouleversantes ; et la mise en images et en mots, comme ces calques qui voilent délicatement les photos de famille de Sylvie Hugues, est à la fois subtile est puissante. 

(Aline Memmi)

Photographie : Sylvie Hugues

Espace photographique de l'Hôtel de Sauroy, 58 rue Charlot 75003 Paris
du 4 au 17 avril 2022

 


Communes - Raymond Depardon

Depardon photographie paysages et villages de la Lozère, du Larzac, de l’Ardèche, de la Drôme ou de l’Hérault, 280 communes menacées en 2010 par un projet d’extraction de gaz de schiste, aujourd’hui abandonné grâce à la mobilisation des populations locales, réunies pour défendre leurs commun(e)s.

Il affirme, par ses cadrages remarquables et la profondeur immense de son regard, l’immobilité et la force des lieux, où la vie – enracinée – ne se remarque qu’aux détails que les machines à broyer le temps voudraient bien effacer.

150 ans après la Commune, Depardon redonne une vie plurielle aux communes, célébrant ce qui nous lie ... nos communs.

(Jean-Marie Chauvière)

Pavillon populaire, Esplanade Charles de Gaulle - Montpellier
du 16 février au 24 avril 2022


Je vous écris avec la chair des mots - Michaël Serfaty

Michaël Serfaty est gynécologue. Il s'en dit des choses dans un cabinet. Un jour une phrase prononcée par une patiente l'a bouleversé. Il l'a gardée. Il s'est mis à recueillir d'autres phrases qui disent la peine, les blessures, la fragilité... Toutes ces phrases ont rempli un cahier tellement énorme qu'il fallait les transmettre, les partager, mais comment ? Cela lui a pris des années. Michaël Serfaty est aussi photographe. Là il se fait plasticien et passeur. Il nous offre des images qu'il a peintes, froissées, déchirées, collées, cousues avec des fils, un bonnet de laine, un disque vinyle, un jeu de babyfoot... et c'est très fort.

(AM)

Hôtel de Sauroy, 58 rue Charlot 75003 Paris
du 18 au 30 mars 2022
Maupetit Côté Galerie, 142 La Canebière 13001 Marseille
du 7 avril au 7 mai 2022


Enfer et paradis - François Mouren-Provensal

Dans le cadre d'une manifestation autour de La Divine Comédie de Dante, les amis de Saint-Victor ont invité le photographe marseillais François Mouren-Provensal à choisir dans ses œuvres ce qui pouvait le mieux représenter l'enfer ou le paradis.

(Marie Fabre)

Crypte de l’Abbaye de Saint Victor - 13007 Marseille
du 19 mars au 3 avril 2022


La Photographie en spectacle - Gaston Paris

Gaston Paris, photographe qui avait été quasiment oublié et que cette exposition ramène au grand jour, a été un incroyable témoin de son temps, particulièrement des années 1930 en France.

Du cirque et de la fête foraine à la situation des chômeurs et à la misère dans la « zone » autour de Paris, des coulisses du music-hall à l’architecture et aux destroyers de la Marine Nationale, il a rassemblé et publié dans de nombreux magazines des images aux cadrages modernes et souvent audacieux.

(Stephen Farmer)

Galerie des photographes, Centre Pompidou, 75004 Paris
du 18 janvier au 19 avril 2022


Le rire des amants, une épopée afghane

Le rire des amants de Sayd Bahodine Majrouh, poète afghan du 20e siècle, est publié en 1991 à Kaboul, 2 ans après le retrait de l'armée russe et 30 ans avant le retour des talibans. Ce poème au titre évocateur sert de fil rouge et d'ombre tutélaire à cette magnifique exposition.  L'amitié et l'amour face à la violence et la tyrannie. Chacune à leur manière, les œuvres des 6 photographes d'origine afghane ou iranienne, 3 hommes et 3 femmes, expriment la violence de la réalité afghane et la quête de beauté et de liberté toujours vivante. Dépassant le documentaire, elles constituent une épopée photographique empreinte d'une poésie lumineuse. 

Rarement une exposition n'aura dégagé autant d'émotion. Face au désespoir et à la peur, la vie et la création peuvent s'opposer à l'anéantissement. En ces jours sombres d'invasion de l'Ukraine, à voir d'urgence...

(Dominique Figeat)

Au Pavillon Carré de Baudoin, 121 rue de Ménilmontant, 75020 Paris
du 21 janvier au 2 avril 2022


Claude Cieutat - Sidération. L'acier, le faire et le reste

Acier en fusion dans des godets géants, gerbes lumineuses jaillissant des laminoirs, entrelacs de poutres, de tuyauteries et de fours d'où fuse la vapeur... Mais aussi des humains, véritables cosmonautes, si petits au cœur de ces installations industrielles démesurées. Les photos de Claude Cieutat célèbrent cette esthétique si particulière de l'industrie sidérurgique et nous en suggèrent le vacarme assourdissant.

(Jean-Benoît Zimmermannn)

 

Galerie Zemma - 40 rue sainte - 13001 Marseille
du 24 février au 24 mars 2022


Pauline Alioua et Chris Garvi - Regards complices

Une aventure voyageuse en toute liberté. L'Europe de l'est, l'Iran et aussi le Maroc, Au creux du manque, pour mettre des images sur la mémoire de leurs pères.

Et puis, il y a... Pose B. Un petit appareil partagé, emporté partout avec eux, regard sur l'un, sur l'autre, complicité entremêlée, tout en pose longue, de l'intime et des nus, des clairs obscurs et des reflets, l'intimité des draps froissés, des vagues et des forêts... Un album entrouvert, pour nous le début d'un voyage.

(Aline Memmi)

Maupetit Côté Galerie - 142 La Canebière - 13001 Marseille
du 17 février au 26 mars 2022


Marie-Paule Nègre et Luc Choquer - Moments de grâce

La Galerie Rouge présente sous un même titre plusieurs séries de chacun de ces deux photographes talentueux, figures marquantes du courant de la photographie sociale contemporaine et pourtant attachés à des approches esthétiques bien différentes. Leur mise en regard, noir et blanc pour l'une, couleur pour l'autre, résonne dans l'espace d'exposition en figeant les attitudes, les mouvements, les sons, avec humour parfois et une grande force de vie.

(JBZ)

Photographie Marie-Paule Nègre

Galerie Rouge, 3 rue du Pont Louis-Philippe, 7500' Paris
du 13 janvier au 19 mars 2022


L'art de la science

Des synapses neuronales comme des œuvres d'art, photographies de dix chercheurs en neurosciences, dialoguent avec les cyanotypes délicats de racines végétales, composés par la photographe Flore Gaulmier.
Connexions, racines, l'invisible au plus profond se donne à voir.
Entremêler savoirs et esthétique, quelle riche idée !

(Aline Memmi)

Le Pangolin, 131 Corniche J.Kennedy, 13001 Marseille
du 8 au 23 janvier 2022


Aux côtés des femmes Afghanes, Résister - Ava Djamshidi (grand reporter) et Philippe de Poulpiquet (photographe)

A l'initiative du magazine Elle, une exposition en extérieur, sur de grands panneaux le long des Champs Elysées, présente à visages découverts ces femmes afghanes qui ont décidé de résister à l'étouffement et la privation de leurs droits fondamentaux. Ces images fortes et les textes qui les accompagnent témoignent avec réalisme du basculement auquel les talibans veulent les contraindre au nom de leur rigorisme religieux.

(JBZ)

Avenue des Champs Élysées, 75008 Paris
du 15 novembre 2021 au 17 janvier 2022


Le Monde selon Steve Mc Curry

Il faut voir l’exposition Steve McCurry au Musée Maillol à Paris.
Le coup de cœur est un direct dans le plexus.
Chaque image est d’une densité impressionnante.
Le réel y prend une dimension allégorique, qu’il soit saisi de gravité ou qu’il exalte des postures et gestes d’une vivacité insoupçonnée !

(Christian Bousquet)

Photographie Christian Bousquet

Musée Maillol - 59-61 Rue de Grenelle, 75007 Paris
du 9 décembre 2021 au 29 mai 2022


Christopher Taylor - Steinholt

Christopher Taylor nous emmène sur les traces des Steinholt, sa belle-famille islandaise, sur la côte nord de l'île habitée par des paysans et pêcheurs pauvres. Une Islande intime, loin des clichés habituels  À travers ses photos noir et blanc aux magnifiques tirages argentiques mats, il nous raconte, non sans émotion, l'histoire de ces gens simples entre destins souvent dramatiques et petits miracles de la vie.

(A. Memmi et JB. Zimmermann)

Maupetit Côté Galerie - 142 La Canebière - 13001 Marseille
du 25 novembre 2021 au 8 janvier 2022


Samuel Fosso

Au terme d'une enfance tumultueuse marquée par la guerre civile, Samuel Fosso ouvre son premier studio photo à Bangui à l'âge de 13 ans. Entre les prises de vues, il s'adonne à l'autoportrait. Ce qui n'était au départ qu'un jeu lui permet d'exprimer des propos personnels mais aussi des préoccupations politiques. De Mao Zedong à Angela Davis, du Pape aux tirailleurs africains, en se travestissant il questionne les normes, le pouvoir, les institutions et porte l'art de l'autoportrait à un niveau insoupçonné. Et lorsque sur son corps presque nu couvert de bois de cam, il rend hommage à son grand-père chef de village et guérisseur, il nous remplit d'émotion.

(Aline Memmi et Jean-Benoît Zimmermann)

Maison Européenne de la Photographie - 5-7 rue de Fourcy - 75004 Paris
du 10 novembre 2021 au 13 mars 2022