Henri Cartier-Bresson - Les Européens

Aux lendemains de la seconde guerre mondiale, HCB a parcouru l'Europe pour rendre compte de la vie de ses habitants dans un continent qu'il faudrait maintenant réconcilier et relever du désastre. Si l'on n'en connaît généralement que quelques unes, devenues iconiques, ces images constituent un ensemble remarquable, témoin précieux à travers le regard humaniste du grand photographe. Clément Chéroux, commissaire de l'exposition, a fait le choix de ne présenter que 35 de ces clichés dont on peut retrouver l'ensemble dans la réédition de l'ouvrage publié en 1955 et illustré d'une couverture de Juan Miro. C'est un choix qu'il faut saluer tant le nombre réduit d'images judicieusement choisies, que le cadre de la salle voûtée du sous-sol de la Fondation, tendent à créer une ambiance intime propice pour le visiteur à prendre son temps, à aller et venir dans le corpus d'images, à s'attarder pour aller au plus près de celles qui le touchent le plus.

(Jean-Benoît Zimmermann)

Fondation Henri Cartier-Bresson - 79 rue des Archives 75003 Paris
Du 28 janvier au 3 mai 2026

 


Martin Parr - Global Warning

Martin PARR n’est pas un inconnu, certes ce n’est pas une découverte mais revoir c’est faire ce que l’on fait avec les amis chez qui l’on découvrira toujours de nouvelles facettes. Il porte un regard sur notre monde qui agit comme un révélateur, il grossit avec humour et une ironie qui n’est pas sans tendresse, parfois, les traits de nos sociétés voraces. Tout y est, pertinence des sujets, personnages et thèmes, cadrages, postures des corps, éclat des contrastes, vivacité des couleurs, tonicité du propos, il n’est pas un spectateur, il n’est pas un preneur d’images, il va au-devant, il pénètre ses sujets, il nous immerge, son œil avisé aiguise notre regard, il opère une mise au point implacable et joyeuse à l’endroit de nos travers.

(Christian Bousquet)

 

Musée du Jeu de Paume, 1 place de la Concorde, Paris
du 30 janvier au 24 mai 2026

 


Estelle Lagarde - La peau des autres

Lorsqu'elle a rencontré Karine (la sœur d'un ami) et découvert son handicap, Estelle Lagarde s'est posé mille questions : "Que devient l’existence lorsque l’on perd (à l'âge de trente ans) l’usage de ses bras et de ses mains ? Quelle est sa vie aujourd’hui ? Qui était-elle hier ? D’où lui vient cette lumière intérieure ? Comment peut-elle sembler heureuse, malgré tout ?" Une amitié est née et les photos mises en scène, créatives, inattendues et même surréalistes parfois, visent à transmettre de jolie façon un récit de vie. Un projet au long cours sensible, humaniste et tellement nécessaire, pour changer le regard sur le handicap, répondre par l'art dans une société qui a encore trop peur des différences.

(Aline Memmi)



Little Big Galerie Paris, 45 rue Lepic, 75018 Paris, du 23 au 28 février 2026

 


Fatimah Hossaini et Oriane Zérah
Femmes dévoilées et hommes en fleurs

Deux photographes, deux femmes. L'une a photographié des femmes afghanes dans des situations qui leur sont désormais interdites par le diktat des talibans. L'autre a tourné son objectif vers des hommes, des hommes avec des fleurs, association profondément ancrée dans la culture afghane. Superbe travail photographique à la plastique irréprochable, mais surtout très belle manière de parler de l'Afghanistan, loin des dramaturgies habituelles. D'indispensables cartels complètent les images pour expliquer comment la réalité vient, en contrepoint des images, oppressante, liberticide, surtout pour les femmes qui perdent autonomie, liberté de s'exprimer, de circuler, d'étudier, même de chanter....

(Jean-Benoît Zimmermann)

Maupetit - côté galerie, 142 La Canebière, 13001 Marseille
du 15 janvier au 21 février 2026